|
⚠ Archive en lecture seule —
Retour sur GeekServers.gg
14 messages
• Page 1 sur 1
"Bienvenue, cher(chère) ami(e) dans la salle des Archives de Forgefer." , vous interpelle le présumé gardien desdites Archives.
Mes salutations à tous. Je vais reprendre donc le livre II, qui n'avais pas été terminé faute d'histoire à transcrire et à conter. Le chef de la compagnie sur laquelle j'écris ma chronique est situé sur le serveur BC de Nostal, et a eu quelques soucis suite à divers changements. Ces derniers réglés, nous avons continué le récit de la compagnie. Au vu de la longueur de celui-ci, il m'est apparu que sa condensation en un seul livre serait impossible. J'ai donc décidé de scinder ce livre en 2 tomes afin de respecter la longueur de 10 chapitres (donc 20 au total), pour chaque livre. Un autre lourd changement avec ce livre : il sera archivé et disponible, un chapitre après l'autre, sur ce sujet. Je profite de cette interlude pour demander : Voulez vous que je tente d'archiver également le livre I ? C'est une question très importante car cela va me demander de gros efforts de mémoire pour me souvenir de tout ce qui a été conté. Valnaril Vailleciel, druide de la Griffe
Livre II : L’Exil de Grim Duraz.
Préface. J’ai rajouté cette préface après avoir relu mon journal. J’ai été surpris par la quantité d’informations qui m’a été transmise et qui me semble indispensable pour comprendre mes lignes. Si j’avais eu connaissance ne serait-ce que de la moitié de ce savoir avant d’intégrer la Compagnie, j’aurai sans doute mieux perçu la réelle portée des actes et des paroles de son chef. Tout d’abord à propos de la forteresse de Grim Duraz. Je n’ai pu contempler cette dernière de mes yeux, déjà en raison de ma cécité, et ensuite car ladite forteresse n’existe malheureusement plus. Grim Duraz était une forteresse frontalière, située en aplomb du passage de Formepierre côté Sombrefer. Il s’agissait d’une place forte réputée imprenable, par son entrée principale sur les hauteurs à flanc de montagne, ainsi que par son absence de chemin de ronde donnant sur l’extérieur, interdisant toute tentative d’infiltration autrement que par l’entrée principale. Seules d’étroites ouvertures percées dans les fortifications émergeant de la roche assurent l’aération de la forteresse et constituent l’unique contact avec l’extérieur. Ensuite il me faut parler du chef de la Compagnie. Creuzenchef m’est toujours apparu sévère et taciturne, même pour un nain. Pourtant fut un temps il n’était pas ainsi. Les vétérans de Grim Duraz me l'ont décrit tel qu’il était : foncièrement bon et chaleureux auparavant, accueillant les visiteurs dans la forteresse, comme le fut Gromo, le gnome magus, qui s'est joint à la Compagnie. Creuzenchef était apparemment de sang royal Sombrefer. Il s’était vu confier, peut-être pour l’écarter du trône, le commandement de la forteresse de Grim Duraz ainsi que la région l’entourant. Cette dernière était tombée en désuétude et seuls des espions Sombrefers daignaient encore y aller pour envoyer divers rapports sur la frontière avec les Barbe-de-bronze. Le nouveau commandant de Grim Duraz rassembla un détachement de 48 nains, des connaissances ou frères d’arme, dont il prit la tête. Ils s’établirent rapidement dans la forteresse frontalière et en gardèrent jalousement les abords. Le destin de Grim Duraz bascula lorsque le fils d’Aile de Mort, Nefarian, se rendit au pic Rochenoire et entreprit d’asservir les orcs Rochenoire qui affrontaient les Sombrefers pour le contrôle de la montagne. Débordés de tout côtés, les Sombrefers se repliaient vers les Profondeurs de Rochenoire. L’empereur Dagran Thaurissan battit le rappel de toutes ses troupes afin de contrer les orcs. Creuzenchef reçu le message de Thaurissan, mais déclina l’ordre y étant joint. Le seigneur de Grim Duraz avait juré de garder le passage de Formepierre envers et contre tout, il ne briserait pas son serment, fut-ce au nom de Thaurissan. Ce dernier déchira la réponse de Creuzenchef, avant de déclarer la garnison de Grim Duraz traître à son clan. Peu de temps après, un bataillon de soldats Ragenclume mené par le général Ardenclume marcha sur Grim Duraz, avec pour ordre de raser la place forte et d’exterminer les félons. Galvanisés par Creuzenchef, les vétérans de Grim Duraz repoussèrent l’assaut. Ardenclume, humilié, rebroussa chemin jusqu’aux profondeurs de Rochenoire. Une lettre portant le sceau seigneurial de Grim Duraz accompagna le général vaincu pour affirmer à Thaurissan la loyauté de la garnison, et l’impossibilité pour son chef de rompre un serment. L’empereur des Sombrefers accepta la lettre, mais réclama l’exil de Creuzenchef, contre le serment de la cessation des hostilités avec Grim Duraz et ses vétérans. Le seigneur de celle-ci accepta les termes et parti vers le nord, en direction des Maleterres. Jamais il ne devait revoir son foyer. Trahison de Thaurissan ou vengeance du général Ardenclume ? Nul ne saurait le dire. Plusieurs mois après le départ du commandant de Grim Duraz, la forteresse explosa, dynamitée par des sapeurs Sombrefers. Un détachement hostile extermina la majorité des rescapés de la catastrophe. Seuls une poignée de survivants parvint à s’échapper vers les terres du roi Magni. Des années plus tard, revenant de la guerre contre le Fléau, Creuzenchef arriva aux abords de sa place forte. Il ne trouva que ruines à l’emplacement de celle-ci, ainsi que les cadavres desséchés de ses habitants. Mon histoire commence lorsque le commandant des Exilés rassembla les derniers survivants d’une citadelle aujourd’hui oubliée… « Mes pas me portèrent au seuil de mon foyer. Mon coeur… S’est arrêté. Le serment avait été rompu. Sa parole… J’avais juré qu’elle les protégerait, mais… Elle ne valait rien. » (Creuzenchef, commandant des Exilés) [Un parchemin d’une grande qualité, bordé d’or, est soigneusement attaché à la page] L’Héritage du Roi de la Montagne Au seuil de la défaite, il garde son courage. Tire l’épée d’une traite, et fonce en plein carnage. Depuis ce jour sauvage, flèche ou lame pas moyen. De trouver un passage, jusqu’au seigneur des nains. Le temps de la bataille, il combat avec rage. Ne laissant nulle faille, ternir son héritage. Lorsque la mort s’avance, elle ne vainc ni ne gagne. Ploie devant la puissance, du Roi sous la Montagne. En hommage à Creuzenchef, seigneur de Grim Duraz.
Chapitre I : À la recherche d’un refuge.
On me nomme Vailleciel. Valnaril Vailleciel. Mais les jeunes personnes m’appellent plus simplement « le vieux », ou « l’ancêtre », ou encore « l’vieil ours » la plupart du temps. Sauf peut-être, mes confrères druides du Cercle Cénarien qui sont, somme toute, plus respectueux… Et plus respectables. Je suis donc un druide appartenant au Cercle Cénarien et plus particulièrement à l’ordre de la Griffe. À la base, ce journal était sensé m’aider à me remémorer les jugements et les intuitions ressenties lors de mes pérégrinations. Car je suis dès lors à la recherche d’un refuge des saisons confortable et bien gardé pour entrer quelque temps dans le Rêve d’Émeraude en toute sérénité. J’ai rapidement classé les principaux refuges répertoriés. Il en existe bien sûr un à Reflet-de-Lune, mais ses niches sont occupées ou réservées par plusieurs membres éminents du Cercle, et ces vénérables grigous n’aiment que très peu partager. Un autre est situé dans Teldrassil, le refuge des saisons de Ban’ethil. Cependant les Furbolgs de la zone ne semblent guère accueillants depuis quelque temps… Le troisième est localisé à Orneval. Il s’agit du refuge des saisons de Dor’danil, dont un collègue m’a dit le plus grand bien. Sa proximité avec des camps de la Horde me rends perplexe. Le suivant est installé au pic des Serres-Rocheuses, l’Antre des Serres. Un refuge très apprécié, très fréquenté et farouchement gardé. Notamment par de jolies Dryades. Un autre refuge à été construit dans Gangrebois. Mais selon les archives, il a été envahi et corrompu par la Légion Ardente. Les elfes appellent désormais ce lieu maudit Jaedenar. Très peu pour moi. Le dernier est situé au village de Pluie-d’Étoiles dans le Berceau de l’Hiver. Un refuge déserté et dénué de toute protection. Un vieil ami à moi me laissa échapper qu’il séjournait dans un refuge des saisons méconnus dans Orneval. Il a cependant refusé de m’en dire plus. Après délibération avec moi-même, je pense me diriger vers l’Antre des Serres. Bien que plus fréquenté, il comporte de nombreux avantages, dont la sécurité. Et un climat doux, aussi. Je commence à préparer mes affaires pour me rendre au refuge, après avoir averti l’archidruide de la Griffe ainsi que le gestionnaire des entrées du Rêve. Au moment ou je vais partir pour le long voyage vers le Pic des Serres, une main crochue me tapote l’épaule. je me retourne et me retrouve face à un individu imposant, non par sa carrure, mais par son aura de sérénité. Je reconnais mon vieil ami Vastesserres, un archidruide de la Serre. Son oeil malicieux brille comme toujours, contrastant avec son âge respectable. Mon vieil ami me tend un parchemin couvert de langage commun et de runes naines. Il m’explique la situation en quelques mots : Une compagnie de nains, chassés de leur foyer, demande l’aide du Cercle Cénarien pour les aider à tenter de le reprendre. Ou de s’installer autre part, en cas d’échec. Vastesserres m’explique que le Conseil a rejeté cette demande, malgré son intervention en faveur des nains. Je hausse les épaules et confirme que la réponse du Conseil était tout à fait prévisible. Je sursaute en arrière tandis que l’archidruide s’enflamme d’un coup, affirmant avec emphase que le Cercle, qui se targue d’une empathie profonde pour tous les êtres vivants, n’en ressent pas la moindre pour ces malheureux qui ont perdu leur foyer. Je comprends bien sûr où il veut en venir. Malgré mon peu d’enthousiasme, je lui dois plusieurs services pour toutes les fois où son aide m’a été précieuse. J’accepte donc la mission, représentant le Cercle, et grince des dents à l’idée de prendre le bateau vers les Royaumes de l’Est. [ Une petite note manuscrite est inscrite en bas de la page, dans une écriture différente ] « À votre âge, vous reclure dans un refuge ? Allons mon ami, vous aurez bien assez de toute votre mort pour vous reposer de votre vie. » (Archidruide Vastesserres à Vailleciel, druide de la Griffe)
Chapitre II : L’organisation de la Compagnie.
Je viens d’arriver au port de Menethil et commence lentement à me remettre de mon mal de mer. La peste soit de ces navires ! Je n’ai jamais apprécié me déplacer sur un bateau. Et encore moins quand le bateau se déplace lui aussi. Vastesserres m’a recommandé de me méfier du Cartel, notamment de leur transports. Mais ça ne concerne pas l’équipage humain qui m’a accueilli sur leur navire. J’emprunte désormais un griffon pour me rendre è Forgefer, où les nains de la Compagnie m’attendent sûrement. Ou sans doute pas. Je profite de cette pause aérienne pour écrire ces quelques lignes, se révélant une mauvaise idée quand ma bouteille d’encre m’échappe dans une secousse et tombe… Sur la tête d’un montagnard nain en contrebas. J’entend encore les furieuses invectives du nain à mes oreilles quand je me pose enfin à Forgefer. La lettre écrite par les nains de Grim Duraz, couverte de runes, permet aux gardes de m’indiquer un bâtiment troglodyte vers la Garde Mystique. D’après le nain qui m’accompagne jusque là, le roi Magni, dans sa grande bonté, a permis aux survivants de Grim Duraz de s’y installer. Les échos d’une conversation me parviennent de l’entrée. Frappant à la porte, je l’ouvre et descend l’escalier jusque dans la salle principale. Je distingue environ une demi-douzaine de personnes dans la pièce. Six sont des nains, le dernier est un gnome. Les nains se turent et s’écartèrent pour laisser passer un vieux nain que je suppose être le chef de cette Compagnie. Je me présente immédiatement comme l’envoyé du Cercle Cénarien, en réponse à l’appel à l’aide des nains de Grim Duraz. Je vois les nains autour du présumé chef, écarquiller les yeux. Apparemment, ils ne s’attendaient pas à une réponse positive de la part du conseil du Cercle… Ce en quoi ils n’avaient pas tort. Le vieux nain au centre qui semblait s’attendre à mon arrivée, s’avance alors vers moi et vint me serrer la main avec une force étonnante pour son âge. Il se présenta comme étant Creuzenchef, le commandant de cette Compagnie. Les autres nains se présentèrent alors chacun selon son rang. Drongleroc, un paladin et le lieutenant, Fenlaroch un guerrier remplissant le rôle de garde du corps, Cornipiochon un prêtre employé comme médecin, Coudgrizou un voleur aussi ingénieur, Tirocul accompagné de son horrible bête Jaylaycro éclaireur de la Compagnie et enfin un gnome dénommé Gromo Fuzzlemana, mage spécialisé en arcane. L’étrangeté de leurs noms me laisse perplexe. Je n’ose le leur faire remarquer de peur de paraître grossier. Leur chef semble deviner mes pensées. Il me confirme à voix basse l’emploi de surnoms afin d’éviter d’être reconnus. La honte, me dit-il, serait trop grande. Honte de qui ? Ou de quoi ? Je n’en sais rien. Cette Compagnie de nains recèle bien des mystères, bien que l’envie de les dévoiler ne m’effleure pas l’esprit tant ces individus mettent ma patience à rude épreuve. Les nains se sont mis à discuter en langue naine entre eux. Charmant. Du peu de mots que j’arrive à saisir, ils semblent débattre de m’intégrer ou non dans la Compagnie. Même temporairement. Avoir fait tout ce chemin pour me faire renvoyer comme un gnoll puant, par des nains a le don de m’irriter. Je ne sais s’ils se rendent bien compte de la chance qu’ils ont de voir leur demande envoyée Cercle se réaliser… Après deux heures de palabres, vingt minutes de bagarre, et autant à calmer le gnome surexcité qui vilipendait tout le monde en hurlant des insanités, le chef de la Compagnie vint me faire part de leur décision d’un bref « Vous restez ». Me voila donc entraîné dans une quête pénible, entouré de compagnons pénibles, le tout à l’orée d'un voyage pénible. Qu’Élune m’offre de la patience, car je viens d’épuiser le peu qu’il me restait. Et cela ne fait que commencer. « Hardi ! Tas d’trognes d’nabots puants et d’vermines purulentes ! Ballons d’baudruches balourds aux crânes bourrés d’bouillie ! Bande de (censuré) d’cornichons obèses et d’bordel de (censuré) ! Raclures de (censuré) et de macaques de (censuré) comme des (censuré) ! » (Extrait des "Insultes et Injures des Gnomes" par Gromo Fuzzlemana)
Chapitre III : L’assaut sur la forteresse d’Angor.
Après un repos bien mérité à Forgefer dans les appartements de la Compagnie, la sentence de Creuzenchef tomba comme une pierre : « On y va. » Les nains entamèrent les préparatifs, fourrageant dans tous les coins sous l’oeil amusé du gnome. Ils ne me prêtèrent pas la moindre attention. J’aperçois le chef partir vers la salle du trône pour aller saluer le roi Magni et l’avertir de leur départ définitif. La Compagnie franchit les portes de Forgefer dans un vacarme assourdissant parfaitement digne d’une troupe de nains. Parfois je regrette de ne pas être sourd plutôt qu’aveugle. Même le gnome marche loin devant nous pour éviter de « niquer ses tympans » selon ses dires. Quelle grossièreté ! Néanmoins je crois devoir l’imiter ne serait-ce que pour laisser les nains entre eux. À peine arrivés en bas de la pente descendant de Forgefer, Drongleroc et Fenlaroch proposent de faire étape à Kharanos afin de se « désaltérer »… À mon grand soulagement, le chef s’y oppose fermement et la marche reprend vers l’Est. Nous traversons le passage de la porte sud, en direction de Thelsamar. Les montagnards de Dun Morogh nous regardent passer d’un air méfiant, ce qui est compréhensible. Sous l’impulsion de Creuzenchef, la Compagnie s’élance vers la trouée des Terres Ingrates. Nous marchons à bonne distance des sites de fouilles afin d’éviter d’attirer l’attention des Sombrefers. Je note d’ailleurs de troublantes similitudes entre ces derniers et les nains de la Compagnie. Le chef de la celle-ci nous expose son plan. J’affiche un visage inexpressif afin de ne pas montrer mon désaccord. En effet, son plan me semble audacieux. Bien trop audacieux. Mais allez donc raisonner un nain aussi buté qu’une mule. Nous établissons donc notre campement provisoire au Goulet de la Bourrasque, tout proche de la forteresse d’Angor. À l’aube, les nains fourbirent leurs armes en silence. Même le gnome semblait respecter la gravité de la situation. Nous commençons à nous approcher des portes de la forteresse dans un boucan infernal. Je ne comprends guère l’utilité d’autant de discrétion si c’est pour tout ruiner au moindre déplacement. Le chef fit un signe et toute la troupe stoppa. Il attendait le retour de l’éclaireur, Tirocul, avant de lancer l’assaut. Comment peut-il avoir confiance en ce nain malhabile équipé d’une pétoire bruyante, pour espionner nos adversaires ? Cela me dépasse. L’éclaireur vient de revenir, il nous signale la position de plusieurs gardes Ombreforge ainsi que la présence de psalmodieurs Ombreforge. Creuzenchef distribua quelques ordres en langue naine puis vint me fixer intensément. Il me marmonna un « Restez près de nous. », avant de prendre la tête de la troupe. Au cri de « Grim Duraz ! », la Compagnie chargea droit devant, Creuzenchef à l’avant, Drongleroc, Fenlaroch et Coudgrizou sur ses flancs, suivi de Tirocul, Cornipiochon puis Gromo. La formation adoptée était plutôt hétéroclite mais assez efficace. Des coups de feu tirés par le chasseur et le hurlement bestial de Jaylaycro anéantirent toute chance de passer inaperçu. Je talonne le groupe en tâchant de ne pas me faire distancer. J’aperçois du coin de l’oeil le chef se battre… À grand coup de bouclier ! Dans une éructation d’effort, Drongleroc trancha net un garde d’un coup de taille. Je ne pu m’empêcher de grimacer à la vue de son adversaire coupé en deux, ses chairs grésillantes au contact de l’énergie sacrée. À cet instant je cru détecter un sort nocif contre moi par un psalmodieur Ombreforge. Son incantation s’acheva dans un gargouillis ignoble lorsque Coudgrizou l’égorgea dans son dos. Tournant la tête, je vis Gromo Fuzzlemana lancer une pluie de sorts d’arcane… Et au moins le double d’injures, le tout dirigé contre ses ennemis. Mais dans quelle assemblée de fous furieux suis-je tombé ? La Compagnie massacra l’étage supérieur de la forteresse d’Angor sans rencontrer trop de résistance et sans mon aide. Les choses prirent une autre tournure quand nous atteignirent les salles du dessous. Nos combats furent brusquement interrompus alors qu’un cercle de flamme vint toucher Cornipiochon de plein fouet. Le vieux prêtre tituba avant de s’effondrer dans un grognement de douleur. Aussitôt, Creuzenchef aboya un ordre et les nains établirent un périmètre de sécurité autour de la victime. L’assaillant émergea du fond de la salle dans un flamboiement rougeâtre. Un élémentaire de feu majeur ! À priori les Ombreforges tentait de pactiser avec les Seigneurs du Feu. Alors que toujours plus de nains Sombrefers nous encerclaient, le chef ordonna la retraite, fixant sur l’Infernus un regard brûlant de haine. Me changeant en ours, j’ouvris les rangs adverses dans un rugissement terrible, et la Compagnie m’emboîta le pas. De retour au camp, quelques soins furent administrés au blessé, sans réel succès. Je ne suis hélas, pas spécialisé en restauration. Creuzenchef déclara, d'un ton rogue, le retour vers Thelsamar. J’ai croisé son regard un instant, de mes yeux morts, et ce que j’y ai vu a bouleversé mes jugements un peu trop hâtifs. « -À quoi ça lui sert au mec que vous coupez en deux, qu’il se fasse brûler en plus ? - Ah… Tout ce qui est feu ça impressionne bien. Et puis ça empêche la régénération. » (Conversation entre Drongleroc et un montagnard de Dun Morogh sceptique)
Chapitre IV : Étape au Loch Modan, le passage de Formepierre.
Nous sommes arrivés à l’auberge de la Fortebière, à Thelsamar, il y a peu. La blessure du vieux Cornipiochon a mauvaise mine, je commence à m’inquiéter sérieusement pour lui. Drongleroc, le lieutenant de la Compagnie, prétend que le vieux prêtre a reçu une blessure spirituelle aussi bien que physique. Plusieurs médecins se sont succédés à son chevet pour tenter d’apaiser ses souffrances, sans succès. Il est clair, pour moi, que seul son grand âge est cause de son incapacité à guérir. J’entends néanmoins les nains de la Compagnie murmurer à propos d’un ensorcellement. Creuzenchef avait disparu depuis l’aube, nous venons de le voir réapparaitre à la porte de l’auberge avant midi. Ses traits sont tirés et contrastent avec son allure. Il semble auréolé d’une énergie sacrée que j’ai du mal à définir. J’avais déjà entendu parler des capacités de guérisons de certains paladins, touchant au domaine du divin. Ce que j’ai vu ce soir là, je ne pourrais jamais l’oublier. Le chef de la Compagnie s’est approché du vieux prêtre et s’est penché sur lui. J’ai perçu un doux et grave chantonnement émaner de Creuzenchef, avant que ce dernier n’étende ses mains au dessus du mourant. Malgré ma cécité, j’ai décelé une radiance sacrée entourer les membres de Creuzenchef. Ce fut la seule fois où je pus contempler une imposition des mains. Je fus le témoin de la transmission de cette énergie lumineuse, qui résorba instantanément les blessures du vieux nain. Quelques minutes après cette guérison miraculeuse, Cornipiochon était déjà debout, bien qu’un peu faible, et se congratulait avec les autres membres de la Compagnie. Je ne pus m’empêcher de remarquer que Creuzenchef avait perdu cette intense luminosité qui l’auréolait auparavant, mais avait gagné en retour un affaiblissement considérable de sa vitalité. Son corps, qui auparavant chatoyait, semblait presque terne. Cela fait plusieurs jours que la Compagnie se repose à Thelsamar, au grand dam de la population du petit village. Creuzenchef, ayant visiblement retrouvé son humeur habituelle (toujours mauvaise), a asséné un strict « Allons-y. » au reste de la Compagnie. Habitués à ce genre d’ordre, les vétérans de Grim Duraz ont saisis leurs paquetages et se sont remis en route. Nous arrivons rapidement en vue du passage de Formepierre, gardé par un avant poste nain Barbe-de-Bronze. Toute la route, Gromo, ce gnome mage dérangé, n’a cessé de me dévisager d’un oeil narquois frisant l’insolence. Je me demande pourquoi ces nains l’ont accepté dans leur Compagnie… Arrivés devant le passage de Formepierre, la montagnarde en gardant l’entrée nous a hurlé dessus qu’elle ne nous ouvrirait pas celle-ci, quand bien même toute la Compagnie la supplierait à genoux. Contourner cet obstacle nous ferait faire un immense détour par la trouée des Terres Ingrates. C’est avec une intense satisfaction que j’ai contemplé Creuzenchef tirer une grosse clef métallique de sa ceinture, avant de faire coulisser la porte en un geste hautain, sous l’oeil furibond de sa gardienne, une certaine montagnarde Minigravillon. La Compagnie traversa le passage de Formepierre dans un vacarme infernal de bottes, de raclements d’armures et d’éclats de rire guttural. Regrettant une fois de plus de ne pas être sourd plutôt qu’aveugle, j’imita le gnome et enfonça des morceaux d’étoffe dans mes oreilles. Traversant la Gorge des Vents Brûlants, nous fîmes halte dans une tour de garde occupée par des sympathisants Sombrefers dénommés la Confrérie du Thorium. Creuzenchef et Drongleroc échangèrent quelques mots avec le délégué de nos hôtes, puis le lieutenant de la Compagnie vint nous annoncer un repos de plusieurs jours à cet endroit lugubre. L’humeur des vétérans de Grim Duraz devint morose. Ils ne cessaient de regarder vers le Nord et se taisaient, comme en proie à une torpeur. « - Impossible. Vous n'irez pas. Combien de fois devrais-je vous le dire ? Je refuse ! Vous avez des problèmes d'audition ? Vous êtes un orc déguisé ? N-O-N. NON ! - Permettez ? Je voudrais juste que vous vous écartiez afin d'ouvrir avec ma clef. » (Montagnarde Minigravillon s'adressant à un Creuzenchef hautain au passage de Formepierre)
Chapitre V : Les Profondeurs de Rochenoire.
L’expédition quitta la Halte du Thorium de bon matin, sous l’oeil sévère de Creuzenchef. Nos hôtes Sombrefers étaient devenus assez inamicaux depuis la veille, lorsque l’insupportable gnome de notre Compagnie trouva le moyen de débiter un flot ininterrompu de vulgarités devant eux. La raison de cette altercation m’échappe… À moins que ce ne soit l’altercation elle-même qui n’échappe à la raison. Sous le commandement de Drongleroc, et les indication de l’éclaireur, Tirocul, nous avons réussi à éviter les patrouilles de Sombrefers hostiles quadrillant la région. En fin de soirée, la Compagnie fut en vue des portes du Mont Rochenoire. Je ne comprends pas pourquoi Creuzenchef nous mène dans la tanière de son pire ennemi. Si j’ai bien saisi les raisons de leur exil, le responsable de la destruction de leur forteresse, Grim Duraz, n’est autre que Dagran Thaurissan, empereur des Sombrefers. Je n’ai pas osé poser la question à l’un des nains de la troupe, et la seule réponse que je pus recevoir de Gromo fut un « Cause toujours vieux schnock ! ». La peste soit de ce gnome. L’unique solution qui me vient à l’esprit est la vengeance. Cependant Creuzenchef me paraît trop pondéré pour succomber à ce genre de pulsion. Chercherait-il alors à s’emparer du royaume des Sombrefers ? Ridicule. Creuzenchef n'est même pas de sang royal Sombrefer, enfin il me semble... Nous descendons dans les profondeurs de la montagne. L’air est chaud, chargé de soufre et presque irrespirable. La lave en contrebas interdit tout faux pas. Les nains me paraissent sur leurs gardes et prêts à réagir à toute situation épineuse. Nous avons pénétré dans les Profondeurs. Creuzenchef nous entraîna vers une porte dérobée donnant sur la salle de garde Est. Il désigna un levier retenant une chaîne articulant un gigantesque mécanisme, puis tira son épée d’un geste implacable, avant de marcher en direction de la petite garnison de nains Ragenclume. Le combat fut aussi bref que violent et se déroula dans la plus grande discrétion possible. Et, pour la première fois, sans insanité braillée par le gnome, et sans coups de feu du fusil de l’éclaireur. À l’aide d’une autre clef, le chef de la Compagnie déverrouilla le levier et mit le mécanisme en marche. La chaîne s’enroula rapidement autour d’une poulie géante, ce qui provoqua des murmures enthousiastes chez les vétérans de Grim Duraz. Coudgrizou m’indiqua qu’il s’agit d’un système d’ouverture pour passer dans la salle de garde opposée. Après avoir supprimé un élémentaire garde du feu d’un coup de lame en pleine tête, la Compagnie s’élança à la suite de son chef dans un couloir rectiligne. Le voleur et moi-même infiltrons la salle de garde Ouest avec précaution. Cette dernière dispose d’une garnison plus importante que sa soeur et, plus important, constitue le siège du général Forgehargne. Les nains de Grim Duraz investissent rapidement la salle. Observant le général Sombrefer et son bataillon, Creuzenchef ordonna un déploiement en arc de cercle. La restriction sur le silence imposé fut également levée, en prévision de la cacophonie qui sera générée par l’affrontement. Dans un tonitruant « Au nom de Grim Duraz ! » à faire trembler les murs, Creuzenchef sauta de l’escalier dans la salle en contrebas, avant d’en consacrer le sol dans une impulsion d’énergie sacrée. Le cri de guerre fut repris par les membres de la Compagnie, qui s’élancèrent au devant de nos ennemis. Plusieurs coups de feu retentirent tandis qu’un hurlement porcin salua la charge de Jaylaycro soutenu par son maître. Les soldats Ragenclume furent éliminés dans une débauche de violence de la part des vétérans de Grim Duraz. Voyant ses gardes morts ou hors de combat, le général Forgehargne lança un défi à la Compagnie. « - Misérables lâches ! Que votre chef s’avance s’il n’est pas un couard. Je me ferai un plaisir de l’écraser sous ma botte ! - Votre avidité… Votre folie, vont provoquer votre perte. Venez m’affronter, et payez le de votre vie ! » (Défi lancé par le général Forgehargne et relevé par Creuzenchef, commandant des Exilés)
(Hors livre)
Nous voila donc à la moitié du tome I. Cela fait pas mal de lecture, mais je suis au regret d'annoncer qu'une pause s'impose afin de me permettre de rédiger en bonne et due forme les prochains chapitres. D'autres petits détails me ralentissent également, détails que je doit régler avec Creuzenchef afin d'éviter d'écrire des aberrations (comme par exemple les deux salles de gardes dans le chap. V dont je ne me souvenais plus l'orientation). Les lectures sur le World sont donc également retardées d'une ou deux semaines. Merci encore pour votre soutien et à très vite lors d'un conte devant un bon feu ! Valnaril Vailleciel
Chapitre VI : Duel et évasion.
Répondant au défi du général Forgehargne, le commandant s’avança au devant de notre groupe. Pointant son épée sur son adversaire, il lui renvoya son défi dans un calme glacial. Les deux nains se jaugèrent du regard avant de commencer le duel. Le général Ragenclume était plus grand et imposant que Creuzenchef, mais ce dernier, plus vieux, semblait avantagé par l’expérience et la maîtrise du combat. Impatient ou sûr de lui, Creuzenchef brisa les préliminaires en marchant d’un pas implacable sur le général. Ce dernier adopta prudemment une posture défensive souhaitant visiblement épuiser son vis-à-vis. Notre chef, quand à lui, maintint une garde parfaite, empêchant Forgehargne de passer celle-ci et de lui infliger la moindre blessure. Avez vous déjà vu une paire de casseroles se cogner entre elles ? C’est exactement ce que m’évoqua ce combat. Des deux côtés, nulle lame ne pu se glisser au travers de leurs gardes. Les bottes des deux duellistes ricochaient sur les boucliers dans des crissements de métal assourdissants. Soudain je vis le général reculer d’un pas. Puis d’un autre. Il sembla souffrir de diverses blessures alors qu’aucun des coups de Creuzenchef n’avait percé ses défenses. Alors je compris. Le vieux paladin enveloppait son arme d’un halo de piété, infligeant des dégâts sacrés à son adversaire à chaque frappe, bloquée ou non. Dès lors, ce combat d’attrition ne pouvait déboucher que sur une tragédie du côté Sombrefer. Sauf si… Un roulement de tambour et des cris de guerre résonnèrent dans le couloir derrière nous. Des renforts ennemis ! Le général Forgehargne avait compté sur le vacarme provoqué par notre combat pour donner l’alerte aux patrouilles les plus proches. Dans un horrible sourire, il parcouru des yeux notre Compagnie en nous promettant une mort lente et douloureuse. Ne temporisant pas un instant, Creuzenchef ordonna la dispersion jusqu’au point de rendez-vous. Étourdissant le général d’un revers de son arme imprégnée, notre commandant fonça sur les rangs serrés de soldats Ragenclume, le lieutenant Drongleroc sur ses talons. Alors même que Forgehargne s’effondrait par terre, sonné, le corps couverts de brûlures sacrées, la Compagnie se fragmenta instantanément, et la formation -presque- parfaite céda la place à une débandade générale. Je vis le vieux Cornipiochon profiter du maelström ambiant pour s’éclipser, couvert par son garde du corps, Fenlaroch, toutes haches dehors. Attiré par les pétarades et les bordées d’injures provenant du trio constitué par Gromo, l’éclaireur Tirocul et son affreuse bête, un détachement de soldat Ragenclume se lança à sa poursuite. Complètement perdu dans cette confusion, j’aperçu en arrière le voleur Coudgrizou, me faire signe en jetant des coups d’oeil méfiant autour de lui. Changé en félin et adoptant un camouflage afin d'imiter mon compagnon, nous attendîmes la disparition des derniers Sombrefers, partis aux trousses des autres vétérans de Grim Duraz. Guidé par le furtif Coudgrizou, nous arrivâmes au point de rendez-vous sans encombres : la taverne du Sinistre Écluseur. Avisant la table située au fond de la salle, nous n’étions pas les premiers à y débouler, puis-je constater. Je ne pu que lever un sourcil indigné, alors que le voleur étirait ses lèvres dans un rictus irrité, contemplant le prêtre Cornipiochon et son acolyte Fenlaroch lever leurs choppes à notre arrivée. Comment ce vieil ahuri, sa canne, et son guerrier protecteur presque obèse ont-ils pu nous doubler ? « - Dispersion ! Tout le monde se replie ! Un pour tous, chacun pour soi ! On se retrouve au point d’rendez-vous !! - Par la Lumière, j’vous suis, chef ! - Sauve qui peeeeeuuut ! Ça sent p’u l’sapin ça sent carrément le (censuré) ! - Qui qui qui sont les Snorkys ! -bang !- - ‘tendez moi les amis, oooh mon arthrite… - Remuez vous grand-père, il faut s’mettre à l’abri. - Où sont mes bombes à fumée ? Ninjaaaaaa ! » (Repli stratégique de la Compagnie de Grim Duraz. Respectivement par Creuzenchef, Drongleroc, Gromo Fuzzlemana, Tirocul, Cornipiochon, Fenlaroch et Coudgrizou)
Chapitre VII : Les entrées de Creuzenchef
Un bon feu, une bonne chope de bière, une pièce de viande dégoulinante de graisse. Le Sinistre Écluseur sait offrir l’hospitalité aux visiteurs fatigués comme il se doit. La Compagnie de Grim Duraz prenait un repos bien mérité, affalée sur des chaises. Mais je dois replacer notre contexte, voyons voir… Après avoir fusillé du regard le vieux Cornipiochon et son garde, Fenlaroch, nous avons alors attendu le reste de nos compagnons. Les suivants à nous rejoindre furent le trio infernal, constitué du gnome mage ainsi que de l’éclaireur et son affreuse bête. Je ne m’étonne même plus qu’ils arrivent les troisièmes malgré leurs piètres capacités d’infiltration. Cette Compagnie est la définition même du non-sens. Ils arrivèrent à notre table, hors d’haleine et l’air le plus satisfait possible. Je me souviens les avoir vu s’enfuir de la salle de garde Ouest vers la porte par laquelle nous étions entrés, jetant des coups de feu et des insultes à tue-tête, et poursuivis par une escouade de gardes, attirés par le vacarme. À en croire les scandaleuses rodomontades du gnome, les deux compères se sont débarrassés de leurs poursuivants sur un pont, en piégeant celui-ci à l’aide d’une « patinoire » et d’un sort de blizzard. Les derniers à arriver furent le duo constitué de Drongleroc et de notre chef. À vrai dire, je suis plus surpris de les voir en vie plutôt qu’arriver après les autres. Peut-on parler de fuite après les avoir aperçu charger les rangs des renforts Ragenclume, s’y frayer un chemin, puis les attirer à leur poursuite en poussant des cris de guerre ? Je suis néanmoins rassuré de voir que leur héroïsme (ou leur inconscience) ne leur a pas coûté la vie. Tapant du poing sur la table, Creuzenchef ordonna la levée de notre groupe. Nulle surprise ne vint submerger mes émotions quand je vis notre commandant déverrouiller la porte arrière du Sinistre Écluseur d’une clef tirée de sa ceinture. Il m’apparait désormais tout à fait normal de voir Creuzenchef posséder ses entrées partout dans cette montagne. Esquivant les patrouilles et les habitants suspicieux, nous entrâmes dans une salle dont le sol, tapissé de grilles, laissait entrevoir une rivière de lave en contrebas. Le visage austère de notre chef se tordit de dégoût en apercevant la créature trônant au milieu de la pièce. Étant aveugle, je dois avouer ne pas avoir bien saisi la nature de ce… Cette chose. En temps normal, la simple association des bruits, odeurs et déplacements d’air autour de moi me suffit à reconstituer mon environnement. Y ajouter ma capacité à déceler la puissance spirituelle des individus proches me permet de passer outre mon handicap visuel. Cependant, bien qu’ayant analysé les contours de cette créature, nulle répercussion psychique ne me permis d’en définir la nature. Dans un calme glacial, notre commandant nous écarta de ce combat d’un bref « Restez en arrière, je m’en charge. ». Il s’avança droit sur son opposant et la calvaire recommença. Je n’ai jamais osé avouer à Creuzenchef que je trouve son style de combat, jouant sur l’attrition et l’épuisement de son adversaire, particulièrement long, pénible et impitoyable. La créature devait partager mon avis car elle invoqua petit-à-petit des élémentaires de feu inférieurs qui venaient mourir à ses pieds. Ce sacrifice sembla renforcer la chose, laquelle amplifiait sa stature et sa force au fur et à mesure, jusqu’à atteindre le plafond ! Notre imperturbable chef continuait pendant ce temps à envoyer des coups d’estoc et de taille de sa lame, tout en maintenant une garde parfaite, empêchant la moindre riposte de son adversaire. Ce dernier finit par s’écrouler dans un râle d’agonie sous l’oeil hautain de Creuzenchef. Tournant le dos au cadavre, il se dirigea vers le mur du fond dans lequel il encocha une nouvelle clef de forme curieuse. Le mur coulissa alors dans un craquement de pierre brisée et révéla un passage vers les profondeurs. Me bouchant le nez pour mitiger l’odeur nauséabonde de ce tunnel peu aéré, je suivi la Compagnie, m’enfonçant toujours plus profondément sous la montagne. « - Il grandit, non ? - Oui, il grandit. - Il fait combien de fois la taille du chef ? - Boh, pas plus de quatre ou cinq, je dirais. - Il va pas s’arrêter vous croyez ? - J’pense que ça dépend du temps que mettra l’chef pour le tuer. - Dix contre un qu’il atteint le plafond avant. - Tenu ! - Et moi, dix contre un qu’il passe à travers le plancher ! - Euuuhh… Là comptes pas sur moi. » (Conversation entre Drongleroc, Fenlaroch et Tirocul pendant le combat contre l’ambassadeur Cinglefouet)
Chapitre VIII : Infiltration au Lyceum.
Nous émergeâmes de la pénombre du passage poussiéreux dans un amalgame de jurons étouffés par des quintes de toux. À notre droite se dressait une solide porte en fer d’au moins cinq mètres de haut que notre guide désigna comme l’entrée du Lyceum. La porte n’étant pas verrouillée, nous entrâmes dans la salle avec circonspection. Des Sombrefers Ragenclume. Partout. Je n’ai jamais assisté à un tel déploiement de force depuis la Troisième Guerre sur les flancs du Mont Hyjal. Les Sombrefers étaient bien plusieurs centaines. Alors que la panique gagnait la Compagnie, Creuzenchef rétablit l’ordre d’un ton rogue. Ce dernier nous expliqua que les troupes stationnées ici n’étaient que des réservistes peu entrainés dénués de la moindre discipline martiale. Repérant les patrouilles sillonnant la gigantesque salle, Creuzenchef scinda la Compagnie en quatre groupes afin d’éviter d’attirer l’attention par un déplacement en surnombre. Les groupes se reformèrent immédiatement à l’instar de notre précédente fuite, et je fut une nouvelle fois accompagné du voleur, Coudgrizou. Nous progressâmes sous couvert de notre infiltration, zigzaguant entre les escouades de réservistes Ragenclume. À mon grand soulagement, aucune ne nous remarquèrent et nous parvînmes sans encombres au pied de deux grands braséros, gardant la seconde entrée du Lyceum. Jetant des coups d’oeil méfiants de tous les côtés, Fenlaroch amena le vieux prêtre de la Compagnie vers notre position, dans une approche dénuée de heurts. Épongeant mon front dégoulinant de sueur, je vis que notre chef et son lieutenant avaient décidés, quand à eux, de longer l’un des bords du Lyceum, essayant de progresser avec le plus de discrétion possible. Alors que je tentais de repérer la situation de l’éclaireur et du mage, Gromo, un coup de feu éclata, nous faisant sursauter, suivi d’un concert de cris de guerre. Inutile de continuer à chercher… Le gnome cavalait à travers la salle, fou de terreur, un détachement de réservistes à ses trousses. Non loin, Tirocul et son horrible bête fonçaient dans notre direction, lâchant de sa pétoire des tirs à l’aveugle, derrière lui. J’entendis Creuzenchef pousser un soupir, d’ennui ou de déception, je ne sais pas. Il enchaîna sur le champ par un puissant cri de guerre, repris en choeur par la Compagnie, qui ébranla le plafond, pensais-je en y jetant un coup d’oeil inquiet. Stoppant quelques secondes devant ce déferlement sonore, les Ragenclumes se regroupèrent sommairement, donnant le temps au mage et à l’éclaireur de s’abriter derrière les vétérans de Grim Duraz. À priori notre chef n’avait pas menti. Le combat ne dura qu’une poignée de secondes. Sans réelle coordination, les réservistes, bien qu’en surnombre évident, ne purent percer le mur des vétérans de la Compagnie. Rompant le combat, ils s’éparpillèrent entre les colonnes du Lyceum telle une volée de moineaux. Sachant que les Ragenclumes allaient revenir avec des renforts, Creuzenchef confia le commandement au lieutenant, Drongleroc. Actionnant les braséros pour ouvrir la porte derrière nous, il s’engouffra dans la Hall de fer. Les vétérans de Grim Duraz ne restaient pas inactifs. Ils rassemblèrent quelques blocs de maçonnerie pour ériger une barricade de fortune autour de l’un des braséros, puis soignèrent les quelques blessures légères qu’ils avaient reçu plus tôt dans le combat. Je sentis une lourde tape sur mon épaule gauche. Me retournant, je constatais qu’il s’agissait de Drongleroc, la mine inquiète et maussade. S’exprimant d’une voix bourrue, il me confia son anxiété quand à la survie de Creuzenchef, seul contre l’Empereur et sa garde personnelle. Les divers membres de la Compagnie me dévisageaient en silence. Percevant leur volonté et leurs peurs, j’esquissais un sourire se voulant rassurant. J’irai m’assurer personnellement du bon déroulement de la revanche du seigneur de Grim Duraz. Le Lyceum résonna à nouveau d’une pléiade de hurlements et de tambours de guerre. Tandis que les vétérans se mettaient en position, le vieux prêtre nain me pris par le coude et, marmonnant dans sa barbe, me chassa gentiment vers le hall où avait disparu Creuzenchef. Je ne pu m’empêcher de me retourner tout en continuant ma route, le coeur serré, comme si mon regard mort ne se poserait plus jamais sur eux, vivants. Comme s’il s’agissait de la dernière fois où je percevrais leurs lumières vitales, telles de petites chandelles dans l’obscurité. «- Et alors là, y en a un qu’a du r’pérer Jaylaycro. Y nous sont tombés sur le râble à quat contre deux, alors on a du… - Effectuer un repli stratégique. Ouais, comme je vous le dit. - Et alors Paaah ! Pan !! En plein dans ta face de Sombrefer !!! - J’suis sûr qu’on en a bien -censuré- au moins une demi-douzaine de ces -censuré- ! - Et alors même en fuyant, y en a un que j’lui ai troué l’bide ‘vec ma bonne vieille pétoire. - Z’ont essayés de nous rattraper, mais j’leur ai fait une nova d’givre qu’ils sont pas près d’oublier. » (Tirocul et Gromo Fuzzlemana, tentant d’expliquer une infiltration maladroite à une assistance peu convaincue)
Chapitre IX : Duel au sommet.
Mes pas résonnèrent sous la voûte alors que je pressais l’allure dans le couloir servant d’antichambre à la salle du trône Impérial. Des statues de golems, dont les poings avaient été retirés pour laisser place à des fûts de canons, étaient placées dans des alcôves creusées dans les murs de part et d’autre du couloir, tels d’impassibles gardiens de pierre. Mon nez me signala une odeur de soufre, preuve de la présence d’un feu dans les environs. À bien y regarder, je pu apercevoir des traces de calcination sur les fûts noircis des statues rocheuses. Il est évident qu’elles n’étaient pas placées là pour constituer une décoration… Je finis par arriver devant la porte de la salle du trône. Creuzenchef s’est arrêté quelques pas plus loin… Ainsi que l’immense cadavre d’un géant de feu. Ou de lave, je n’ai jamais réussi à les différencier. Ce devait être le gardien de la porte du siège Impérial, mais notre commandant n’a guère eu de difficultés à outrepasser ses défenses, semble-t’il. Ne me prêtant pas la moindre attention, Creuzenchef poussa la porte de la salle du trône dans un grognement d’effort. Se redressant, il balaya la pièce d’un regard circulaire avant de s’arrêter sur son ennemi juré. Dagran Thaurissan, Empereur des Sombrefers, était assis sur le trône Impérial. Mais il n’était pas seul. Je déglutis avec difficulté lorsque je me rendis compte que plusieurs dizaines de soldats d’élites Sombrefers étaient disséminés dans la salle, sans doute la garde personnelle de l’Empereur. Des émissaires de toutes races appartenant à l’organisation du Crépuscule étaient également présents. Même si nous avions l’intégralité de la Compagnie avec nous, un affrontement frontal avec autant d’adversaires ne pourrait déboucher que sur une tragédie pour notre camp. Et là… Nous étions deux. Cependant, malgré l’ouverture de la porte, ni les gardes, ni l’Empereur ne semblait nous avoir encore repérés, sans doute en raison de la distance entre eux et nous. Fin tacticien et brillant stratège, notre chef devait avoir un plan pour tuer Thaurissan sans nous attirer les foudres de sa garde. Je fut pétrifié, d’admiration ou de stupéfaction, nul ne le sait, lorsque j’entendis Creuzenchef adresser haut et fort à l’Empereur un « Thaurissan ! L’heure est venue de répondre de vos crimes, profanateur ! », sa voix grave et profonde emplissant le siège Impérial et ruinant toutes nos chances de survie. Autant pour moi, notre bon commandant n’avait aucun plan. Sauf, à priori, celui d’entraîner son adversaire dans un duel d’honneur. Mais pourquoi penser que Thaurissan en respectera les règles, alors qu’il lui est si simple de faire exécuter son opposant ? Après tout, les morts ne peuvent que rarement se venger d’eux-mêmes. Me changeant en félin pour activer mon camouflage et suivre Creuzenchef sans être vu, je constata que les gardes le laissèrent passer jusqu’au trône où était juché l’Empereur. Notre chef leva son épée et renouvela ses accusations envers son adversaire, lequel les accueillit par un reniflement de mépris, tuant toute négociation dans l’oeuf. En un éclair, les deux ennemis se jetèrent l’un sur l’autre. Les coups pleuvaient de tout côtés, parés ou bloqués dans des crissements métalliques. De mon point de vue, il fut rapidement clair que Thaurissan était plus puissant que notre chef, mais ce dernier lui opposait une garde parfaite, ne laissant passer le moindre coup. En revanche du côté de l’Empereur, s’il encaissait les dégâts physiques sans broncher, dûs à l’infériorité musculaire de son adversaire, il n’en allait pas de même pour les blessures sacrées que lui infligeait l’arme bénie de Creuzenchef. Le commandant de Grim Duraz répétait le même schéma de duel qu’avec le général Forgehargne, quelques heures plus tôt. Il ne se souciait pas de blesser profondément son ennemi par ses attaques, mais laissait le sceau sacré imprégnant son arme le tuer à petit feu. Un combat d’attrition dont l’Empereur ne pouvait en sortir vainqueur… Ce dernier le comprit rapidement. Je l’entendis hurler un ordre en langue naine, et vis avec horreur l’intégralité de la garde y répondre en se ruant sur Creuzenchef. Paniqué, je ne pu décider quoi faire et contempla avec incrédulité la scène se déroulant sous mes yeux. Dos à un angle de mur, Creuzenchef se défendait contre plusieurs dizaines d’adversaires, parant, esquivant, bloquant chaque coup dirigé contre lui, tout en consacrant le sol d’énergie lumineuse pour blesser les fous osant l’attaquer. Un à un, les gardes s’effondraient, s’auto-mutilant en tentant d’occire notre chef, d’une botte qui se fracassait sur sa défense parfaite, laquelle renvoyait des horions de lumière brûlante. Solide comme un roc, Creuzenchef n’en était pas moins un simple nain. Ses réflexes engourdis par la fatigue d’un combat prolongé, il ne parvint pas à éviter le coup magistral de l’Empereur, qui s’abattit sur son épée. La lame de Creuzenchef venait de voler en éclats, d'un coup de marteau bien ajusté exécuté par Thaurissan. Violemment repoussé alors que la poignée de son épée tombait à terre, Creuzenchef percuta le mur situé derrière lui. Désarmé mais invaincu, le chef des vétérans de Grim Duraz psalmodia des mots inintelligibles. Presque aussitôt, tout son être rayonnait de lumière, comme illuminé de l’intérieur par une radiance sacrée. Les yeux engloutis par cette énergie lumineuse, Creuzenchef étendit sa main valide sur l’Empereur. Un éclair sacré éclatant de blancheur se matérialisa au dessus de sa cible, telle une épée de damoclès, avant de la foudroyer, brûlant ses chairs et calcinant son esprit. Thaurissan vacilla un instant avant de s’effondrer, inconscient. Émergeant des ombres où je m’était caché, je me précipita sur notre chef et incanta divers soins sommaires afin de le revigorer. Se redressant, Creuzenchef s’approcha de son pire ennemi, désormais à terre. Un instant je craint qu’il ne l’achève de sang froid, juste devant moi. Mais n’en faisant rien, notre bon commandant s’empara du marteau de l’Empereur, afin de le revendiquer comme sien, en dédommagement des préjudices subis par Grim Duraz. Épaulant le vieux nain, nous sortîmes de la salle du trône Impérial pour retrouver nos compagnons et leur annoncer notre réussite. Je fut content que notre chef ne voulut pas se reposer quelques instants, car depuis un moment, un affreux frisson malsain me parcours l’échine, hérissant les cheveux sur ma nuque. Je crains qu’en rejoignant les vétérans chargés de nous couvrir, nous n’ayons une funeste révélation. « Vous… Comment avez vous pu briser votre serment ? Je vous faisais… Non. Tout Grim Duraz vous faisait confiance. Et vous nous avez abandonnés… À présent il est trop tard, défendez vous ! Même si cela ne sert à rien. » (Accusations de Creuzenchef à l’encontre de l’Empereur Dagran Thaurissan)
Chapitre X : Le temps des regrets.
J’ai toujours été fier de mon instinct. Un instinct farouche et indomptable, m’alertant de menaces encore invisibles ou de problèmes futurs. Un instinct me sauvant la vie plusieurs fois en m’adjoignant de fuir si nécessaire, de me cacher et d’attendre patiemment, tapis dans l’ombre tel un fauve. Jamais encore je n’ai autant souhaité qu’il se trompe. Émergeant de l’antichambre du siège Impérial, je sus que la bataille était terminée. Un silence de mort planait sur le lyceum. Ma vision brouillée par les retombées du combat, il m’était impossible de déceler l’étincelle de vie de nos compagnons. Arrivant à la hauteur de la barricade, je pus constater que tous s’en étaient sortis, à priori. N’ayant pas le loisir de les compter, je fus écarté par le bras puissant de Creuzenchef, s’avançant vers les vétérans. Ce fut à ce moment que je remarquais qu’un corps sans vie gisait aux pieds de ces derniers. La tristesse m’étreignit la gorge quand je reconnus le cadavre, entouré des membres de la Compagnie. Tombant à genoux, notre chef laissa échapper un sanglot déchirant, les mains tendues vers l’infortunée victime. Tombé au combat, les traces de plusieurs balles maculant de pourpre ses robes lacérées, le vénérable Cornipiochon gisait dans une mare écarlate. Sans autre médecin dans la Compagnie, nul n’avais pu lui retirer les balles meurtrières ou refermer ses blessures. Les nains demeuraient affalés autour de nous, comme vidés de toute velléité combative après l’odieux meurtre du vieux prêtre. Le gnome magus lui-même fixait un oeil morne dans le vide, silencieux. J’ai toujours eu quelques peines à lire les émotions de ceux qui m’entourent, autrement qu’en caressant leurs pensées de mon esprit. Cependant, je n’eu aucun mal, ce triste jour, à capter leur douleur, tant celle-ci était intense. Le premier à oser élever la voix fut Fenlaroch, son visage buriné ravagé par la souffrance. D’une voix de baryton, l’ancien garde du corps du défunt sollicita notre chef, souhaitant une posthume intervention de ce dernier, si cela était encore possible. Le regard lourd sous ses sourcils broussailleux où perlait des larmes,Creuzenchef fit comprendre qu’il lui était impossible de ramener le vénérable prêtre à la vie, un tel pouvoir empiétant sur le domaine du divin. Dernier arrivé, premier à se ressaisir. Le commandant en chef de Grim Duraz écrasa son poing sur le sol, donnant l’ordre du départ. Il adjoignit au lieutenant Drongleroc et au garde Fenlaroch de déplacer le corps de notre compagnon décédé, à l’aide d’un brancard de fortune fait de planches trouvées sur la barricade improvisée. Depuis quelques minutes j’entendais de nouveau des voix furieuses dans la direction opposée à notre position. Il ne va pas falloir s’éterniser ici… Prenant une décision sage, bien que tragique, Creuzenchef nous fit remonter par l’entrée du Lyceum jusqu’au Tombeau des Sept. Selon lui, des alcôves inoccupées ont été creusées dans les murs de la salle. Bien que cela lui déchirait le coeur, il souhaitait y faire reposer Cornipiochon, afin de lui donner une sépulture digne. Nul ne trouva à redire sur cette décision délicate, sachant bien que notre groupe ne pouvait se permettre d’emporter un cadavre tout en fuyant un bataillon de soldats ennemis. Le corps du doyen de la Compagnie fut déposé dans l’une des alcôves à droite du tombeau le plus proche de la porte Nord. Le chef de Grim Duraz la consacra d’un sceau de lumière, mais tous les vétérans partageaient la même crainte : que les restes sanctifiés de Cornipiochon soient dégradés s’ils fussent découverts. Le mage gnome s’avança alors, avec sur le visage une expression de sévérité que je ne lui connaissais pas. Prenant une inspiration, un trait de concentration barrant son front, Gromo Fuzzlemana toucha l’alcôve d’une petite main fripée , gelant instantanément celle-ci ainsi que son occupant. Je fus étonné de constater que la glace ainsi créée était plus solide que de l’acier, ma griffe provoquant un son cristallin mais pas la moindre rayure. Si les Sombrefers voudraient déloger notre vieil ami, ils allaient devoir fendre le mur tout autour. (…) Je cours. Tu cours. Il court… Nous courons. Vous courez ? Ils nous courent après ! Je ne sais plus depuis combien de temps nos jambes se mouvent ainsi. Tout cela est ridicule, je suis certain que nos poursuivants nous ont perdus depuis longtemps. Notre débandade se poursuis depuis que nous avons quittés le Tombeau des Sept. Nous pensions retourner au souterrain par lequel nous étions arrivés jusqu’au Lyceum, mais une lueur nous a fait pivoter sur nous-mêmes. Du couloir opposé au tunnel salvateur, un monstrueux seigneur de feu dardait sur notre groupe un regard brûlant de haine. Ce monstre était plus imposant que tous les autres élémentaires de feu rencontrés dans ma vie. Et plus puissant. Aussi. La bataille fut terrible et chaotique. Des boules de feu pleuvaient sur nos têtes, le sol se crevassait pour laisser des geysers de magma s’en échapper, d’horribles petites créatures infernales se matérialisaient tout autour de nous… Lorsqu’enfin nous pûmes abattre cette abomination, le gnome laissa échapper un couinement de terreur, son doigt tremblant pointé vers le fond du couloir. Plusieurs de ces ignobles créatures s’avançaient dans notre direction, menés par des nains Sombrefers, un rictus sauvage étincelant sur leurs visages. Et depuis, nous fuyons éperdument. Une pause. Nous reprenons notre débandade, des cris de rage résonnent derrière nous. Une pause. Peut-être aurais-je mieux fait de me faire tuer comme notre doyen. cela m’aurait épargné une mort honteuse, abattu dans le dos par une lame traîtresse. La fatigue me gagne. Je suis trop vieux pour un tel supplice. Un martèlement sourd monte depuis les profondeurs et résonne dans le sol. Nous sommes arrivés dans une sorte d’arène… Ou plutôt à l’intérieur d’une arène. Les vétérans de Grim Duraz n’ont pas l’air de vouloir s’arrêter et le gnome a déjà pris ses jambes à son cou. Ma respiration est difficile, saccadée. Je m’agenouille sur le sol pour reprendre mon souffle. Il me faut repartir, vite. Je me relève. Où sont passés ces fichus nains ? Ma vision spirituelle est floue, brouillée par ma fatigue et la perte de mes repères. Trois sorties s’ouvrent à moi. Deux herses relevées et une porte entre-ouverte. Mes compagnons n’ont sans doute pas perdu du temps à ouvrir la porte de droite. Éreinté, je me dirige vers la herse d’en face… Bon sang ! Il fait si sombre… Et quelle puanteur ! Tout bien réfléchit, la porte de droite était peut-être le meilleur choix. Mais à peine commençai-je à rebrousser chemin qu’un grondement sourd résonna derrière moi. Ma magie est presque épuisée… Je crois qu’il est temps d’abandonner la subtilité. Note de Drongleroc : « Peu d’temps après avoir quitté l’arène des Sombrefers, on a entendu un hurlement bestial provenant de la salle précédente, ainsi qu’des sifflements à glacer le sang ! C’est en se retournant qu’on s’est rendu compte que l’vieil elfe l’était plus derrière nous. »
(Hors livre)
Le tome I est terminé. J'espère qu'il vous a plut. Je prépare le tome II avec ce vieux Creuzen, tome qui marquera la fin du Livre II. Je prépare néanmoins un prochain Livre (lequel relate une toute autre histoire et où Creuzenchef n'apparait pas -eh oui-) En vous disant à bientôt, Valnaril Vailleciel
14 messages
• Page 1 sur 1
|